Je ne me rappelle plus de ce jour. Ce jour où nos chemins se sont croisés. T'es la personne qui pendant des années est venue ajouter à mon quotidien mon cota de bonheur. Pendant des années tu m'as fais rire. De tes conneries de gamin insouciant qui touchait en plein coeur la gamine insouciante que j'étais. Tu m'as fais pleurer de rire. Et quand t'es parti j'ai pleuré tout court. Mais revenons à ces jolies années partagées de notre enfance. Je me rappelle de tout. Et à la fois de rien. T'étais un ami. Un vrai. Toujours présent. Et je me rappelle des parties de Game Boy où l'on jouait à Pokémon en réseau. Des parties de Bugs Bunny sur la play et des parties de Uno où on distribuait beaucoup plus de cartes pour que ça dure plus longtemps. Je me rappelle de tes BN à la vanille et de ta boisson préférée. Je me rappelle de l'odeur de ta maison, de la couleur des murs et des posters qu'y avait sur la porte de tes toilettes. Je me rappelle des matins d'hiver quand je venais te chercher pour qu'on aille au bus ensemble avec nos cartables à roulettes. Je me rappelle des vacances en Italie. Qu'on chantait du Renaud à l'aller. Et qu'une soirée on était allés sur un place de Cuneo et on chantait "Et les keufs et les meufs dans le RER, la banlieue c'est pas rose, la balieue c'est morose." Et je me rappelle des vacances au camping. Des moutons et des chèvres qu'on nourissait avec le pain raci. Des randonnées où l'on crevait de chaud et de soif. Des tours du camping qu'on faisait en vélo pour finir par la grande pente. De la fameuse soirée où on a dormi à cinq dans une tente et du "Ooh peuchèèère" de Maïssane qui nous a fait rire pendant dix minutes. Des torrents de pluie qui envahissaient le terrain et qui mouillaient presque nos tentes. Je me rappelle de la fête du citron. Je me rappelle de nos anniversaires qu'on fêtait toujours ensemble. Pendant des années on a vécu ensemble. Liés comme jamais. Sans en avoir conscience. Pendant des années, ce bonheur aquis nous appartenait. Et être ensemble n'était pas une chance. Mais une simple habitude. On était les meilleurs amis du monde. Mais je crois qu'on le savait pas. Puis t'es parti. Et là, ça a tout changé. On avait dix ans, presque onze. T'es parti au Canada a des milliers d'années lumières. Ou peut-être juste à des milliers de kilomètres. Mais au fond, ça revient au même. Pendant deux ans et demi je n'ai pas eu de nouvelles de toi. T'étais aux abonnés absents. Un fantôme de mon passé. Et tu sais, j'ai pleuré de te savoir parti. Parce qu'en fait, t'étais mon frère en quelque sorte. Mon petit frère. Parce qu'il faut bien l'avouer, j'étais la plus mature de nous deux. Et ça fait à présent quatre ans qu'on s'est pas vus. Quatre ans. Dans une vie, c'est rien. Mais par rapport à nos 14 ans d'éxistence, je trouve ça énorme. Et nos souvenirs me paraissent tous les jours un peu plus loins. Tout devient un peu plus flou au fur et à mesure que le temps passe. Mais malgré les années qui s'accumulent, jamais je n'oublierai. Parce que jamais je ne pourrai t'oublier. Et nos conneries de gamins me manquent. Elles me manquent autant que toi. Et même si un jour on se revoit, ça sera plus comme avant. Parce qu'on a grandi un peu trop. Et qu'on ne se verra jamais bien longtemps.
Même si ton rire n'est qu'un lointain écho déformé par les années.
& même si ton sourire j'peux plus le voir en vrai.
Je t'aime toujours & ça je te l'promet.
Même si ton rire n'est qu'un lointain écho déformé par les années.
& même si ton sourire j'peux plus le voir en vrai.
Je t'aime toujours & ça je te l'promet.

